Dreamland ou une petite bouffée d’air frais made in france
Qui a dit que les français ne savent pas faire de manga digne de ce nom ?
« Mangaka français », ce titre pourrais faire rire certains puristes et pourtant si il y en a bien un qui relève le défi avec brio, c’est Reno Lemaire.
Térence est un lycéen comme les autres qui doit passer son bac, mais le soir, quand il s’endort il devient un voyageur. Un voyageur est un rêveur spécial, qui parvient à vaincre sa phobie en rêve. Ce dernier évolue alors librement dans Dreamland, le monde des rêves, gagnant au passage un pouvoir en rapport avec son ancienne phobie.
Et être un voyageur à Dreamland n’est pas de tout repos, tant l’univers propose des situations cocasses entre les rêves et les cauchemars dans lesquelles évoluent les voyageurs. Voila donc Térence parti avec ses compagnons en quête du paradis qui aurait une communication directe avec le monde des rêves.
Avec Dreamland, Reno reprend les codes du manga shonen et parvient à y ajouter sa touche personnelle. Touche qui prend tout son charme ici, car ne se contentant pas de copier bêtement une production japonaise, mais nous apportant justement une fraîcheur bienvenue, qui renouvele un peu le genre.
Et oui, cela à l’odeur du frais.
Tant au niveaux du graphisme, le manga n’a pas à rougir des autres « maîtres » japonais, tant celui-ci est agréable et fourmille de clins d’œils et de petits personnages cachés.
Tant au niveaux des thèmes traités dans un manga. Avez-vous déjà vu, un shonen où un couple s’embrasse, se pelote, sort ensemble avant le 20éme tome ou qui parle des sorties entre copains et forcement des murges ou des fumettes douteuses dont résultes ces rassemblements ? Bref, ici le lecteur peut facilement s’identifier par cette part de vie réelle, que l’auteur traite ici avec beaucoup d’humour.
Tant au niveau de l’histoire, qui arrive à trouver de bonnes idées, sur la dualité du monde réel et des rêves, ou par l’interaction houleuse entre les personnages, ou encore le fait d’avoir des pouvoirs basés sur ses phobies (ce qui amène à des pouvoirs parfois hilarants, comme la peur du mariage ou des poissons).
Une seule critique peut être fait sur ce manga qui n’est qu’une liste de bonnes choses. Il existe un « temps mort » dans l’histoire qui prend place sur 1 volume de la série. On à l’impression que pendant un temps l’histoire n’avance pas trop ou perd de son charme. Heureusement, ce « temps mort », est repris de mains de maître et la série retrouve ses couleurs bien assez vite.
Manga français, mieux que certains mangas japonais sur beaucoup de points. La french touch opère, dans ce manga qui vous promet de longues heures de rigolades et parvient à renouveler le genre saturé du shonen.
Je dit, bravo monsieur, je suis fan.
Notation : 4/5